Et si nous écoutions avec attention notre corps lorsqu’il parle ?

 

Ces symptômes qui nous veulent du bien

Qui n’a pas ressenti une boule au ventre, des douleurs avant un évènement stressant ? Combien de sportifs se blessent avant un grand évènement pour lequel ils ne se sentent pas prêts ?

D’autres exemples tout aussi parlants peuvent être relatés : être aphone le jour d’une présentation importante, avoir le dos bloqué ou un torticolis alors qu’on doit partir en déplacement.

Ces petits symptômes peuvent souvent être  significatifs d’un niveau de stress intérieur très élevé, d’un manque de confiance, d’un besoin de s’arrêter. Quand ils deviennent récurrents, Il semble intéressant de les entendre pour mieux comprendre son fonctionnement et s’adapter.

Le corps nous parle. Il nous informe sur notre état intérieur physique et psychique. Il est la mémoire de toute notre construction depuis l’enfance, de nos traumatismes, de nos refoulements. Ainsi, les douleurs, les blessures, la maladie (« le mal a dit ») , les dysfonctionnements, les souffrances physiques ne seraient pas liés au hasard, mais seraient probablement le symptôme de souffrances psychiques antérieures refoulées.

Plus nous refusons de l’entendre et plus le corps crie fort.

Maladies chroniques, cancer, AVC, burn-out, troubles alimentaires, addictions… Que viennent signifier ces dysfonctionnements de notre corps à un moment de notre vie ?

Et si, au lieu de les nier, d’essayer de les soulager par des traitements agissants sur les symptômes visibles, nous nous mettions à notre écoute pour commencer le chemin de notre guérison et nous intéresser à l’origine de nos maux.

Il est étonnant de constater le pouvoir de la parole, de notre écoute sur nos souffrances physiques.

 

maux-et-symptomes

 

Le corps, un outil de communication précieux.

Quand j’étais entraîneure, nombre de mes gymnastes alors adolescentes me faisaient part d’une douleur qui les gênaient, les handicapaient dans l’accès à la performance. Elles avaient mal. Ne pas les écouter aurait signifié ne pas entendre leur peur, nier leurs ressentis.

Forte de mes années d’expériences, d’observation, je les amenais à écouter et parfois à sourire du message que leur corps semblait vouloir leur signifier. Pour moi, ces échanges étaient des renseignements précieux sur l’état mental de mes gymnastes. Leur corps, dans la réalisation de leur performance, devenait un outil de communication précieux. Ainsi, ensemble, nous prévenions des états de fatigue, de stress. Et plus que tout, le corps donnait accès à la parole, libérait cette peur qui ne pouvait se dire devant les autres (gymnastes, parents, entraîneurs), donnait du sens.

Observer, écouter le corps… Dans le monde du sport, ce peut être assez simple, car nous le mettons en scène, surtout dans un sport artistique comme celui que je pratiquais, la gymnastique rythmique. Toutefois, la recherche de performance pouvait aussi engendrer une volonté de dompter son corps, ses émotions et par conséquent menait à refuser de l’écouter pour l’amener toujours plus loin. Si l’exigence du sport de compétition nécessite d’amener son corps à repousser ses limites, il parait capital de ne pas se couper de la communication intime qu’il nous offre. Ne plus l’entendre pourrait favoriser la blessure, la dépression, le burn-out ou l’apparition de comportements déviants comme le dopage.

 

psychanalyse

 

Mettre en mots nos maux : l’approche analytique par médiation corporelle.

Ma conception du corps comme outil précieux de communication s’est construite au cours de ma carrière sportive et d’entraîneure, avec beaucoup de curiosité pour la relation puissante corps/psychisme.

Aujourd’hui, en tant que professeure de yoga, j’enseigne à mes élèves à se reconnecter à leur corps et à eux-mêmes.  Une première étape pour s’écouter sans jugement, sans à priori. Être dans « l’ ici et maintenant ».

En tant que psychanalyste, je propose une thérapie autour de la médiation corporelle. Apaiser le corps par des exercices de respirations et des mouvements simples pour permettre son écoute et entendre ses souffrances. La cure de parole reste nécessaire pour mettre en mots les maux et leur donner du sens.

Ne laissez plus votre corps crier, apprenez à l’écouter, le respecter, l’accepter.

 

Notre corps ne ment jamais

Alice Miller

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